Procès Ike Ngouoni: les Bla-boys auraient «frappé» les milliards dans le compte privé d’Ali Bongo

Ali Bongo savait-il à ce moment là que ses collaborateurs se servaient directement dans son compte privé ? © DR

Libreville le 26 juillet 2022 – ( Dépêches 241). C’est là une des curieuses révélations du procès de l’ancien porte-parole de la présidence de la République. Devant la Cour criminelle spéciale depuis hier, pour répondre des accusations de détournements de fonds publics, Ike Ngouoni a indiqué que les fonds détournés ne provenaient pas du trésor public mais d’un compte privé du président de la République chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba. Un compte supposément alimenté par le trésor public dans lequel Brice Laccruche Alihanga et ses BLA-BOYS se sont servis avec aise et abondance. 

Ce mardi les juges de la Cour Criminelle Spéciale, les proches des accusés, les avocats de l’Etat et de la défense, réunis pour le procès d’Ike Ngouoni sont entrés dans le vif du sujet en abordant le principal chef d’accusation, celui des détournements de fonds publics. 

Et à ce sujet, l’ancien conseil du président de la République, du reste ancienne voix de la présidence de la République a indiqué que les fonds détournés n’ont jamais eu pour provenance les caisses de l’Etat. Pire, l’ancien lieutenant de Brice Laccruche Alihanga, par le biais de son conseil, a révélé que l’argent querellé était détourné directement dans un compte privé du numéro un gabonais Ali Bongo Ondimba. « Les fonds prétendument détournés ne sont pas issus d’une ligne budgétaire publique, mais d’un compte privé : celui du président de la République, la Société internationale de services export Gabon, la SISEG », a-t-on pu lire chez nos confrères de Info241. 

Même si l’accusation par le truchement Me Moutsinga, avocat de l’Etat a tenté laconiquement de battre en brèche cette révélation de la défense en indiquant que « les fonds détenus sur ce compte privé du président gabonais provenaient des caisses du Trésor public », ce dernier a surtout, consacré l’idée d’une liaison occulte entre le trésor public et la présidence de la République. Le trésor a-t-il le droit d’alimenter le compte privé du Chef de l’Etat  ? Sous quelle forme le faisait-il ? Est-ce légal ? Est-ce cette réalité qui fait en sorte que depuis le début de l’opération Scorpion, les avocats de la défense ont toujours évoqué une absence manifeste de preuves pour confondre leurs clients ?   

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Ce sont là des questions qui vont naturellement émerger dans l’opinion et qui pourraient jeter davantage le discrédit dans cette série de procès contre la bande à Brice Laccruche Alihanga. Rappelons que l’ancien porte-parole de la présidence de la République est accusé avec sa complice d’avoir détourné la faramineuse somme de 7,2 milliards entre 2017 et 2019 pour le communication du palais de bord de mer.  

Accusé d’avoir mis la main sur la bagatelle somme de 7,2 milliards entre 2017 et 2019, Ike Ngouoni et sa complice présumée se servaient dans l’un des comptes bancaires personnels d’Ali Bongo, a rappelé hier devant la cour Me Carole Moussavou, l’un des avocats d’Ike Ngouoni. 

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