Gabon: le Woleu-Ntem à l’agonie

L’ancien Premier ministre dresse un tableau sombre de l’état de la province du Woleu-Ntem © DR

Libreville le 19 juillet 2022 – ( Dépêches 241). La situation énergétique du Woleu-Ntem se passe désormais de commentaire. Elle a fini par éclater au grand jour dans la violence de sa réalité. Depuis des semaines, des mois, des années, on vit de coupures dans la ville d’Oyem et sur les axes qui ont été électrifiés. Chacun s’est habitué à une indisponibilité alternée de l’électricité par zones, quartiers, périodes. Même la zone sécurisée au centre ville n’existe plus.

Comme tout le monde, l’hôpital dit provincial, faute de groupe de relais opérationnel, prend de plein fouet ces coupures et malheur à ceux qui pourraient s’y trouver au bloc opératoire ou dans le coma en réanimation; malheur à sa banque de sang. Que dire de la chaîne de froid déjà mal assurée et vertement brutalisée par ces coupures auxquelles aucune chambre froide ne peut résister.

Comment s’étonner après les décongélations puis re-congélations et décongélations dues à ces coupures intempestives des augmentations des cancers, AVC et de toutes ces autres maladies provoquées par la consommation de nourritures avariées dont les commerçants ne veulent pas et ne peuvent pas assurer la perte financière. Alors, ils continuent à vendre ces produits toxiques.

Pardon de ramener sur la table une question que j’ai posée ici même le 15 mars 2021. Que devient FE2 ? Au Balango ? Après tout, il s’agit d’une province au statut hybride entre une partie de la République et un espace dont l’intensité des contrôles au mètre linéaire défie des zones de guerre. Mais c’est bien connu : ce sont les esprits retors qui relèvent ce genre de très petits problèmes tout à fait insignifiants de fourniture en eau et en électricité ; de contrôles policiers de la population. Les aigris qui les évoquent ne voient pas que l’accélération de la transformation est en marche. Le nord devient chaque jour un peu plus la risée des provinces voisines des deux pays limitrophes. Il avait déjà un réseau routier truffé de nids de poules. Il s’y ajoute désormais des coupures d’eau et d’électricité chroniques.

C’est bien connu, un abcès sort sur le front pour que les voyants le voient. S’il voulait se cacher, il sortirait sous l’aisselle. Dans ce domaine comme dans tant d’autres comme le réseau routier urbain et interurbain, le Woleu-Ntem est confronté à une triste réalité. Il n’a d’intérêt qu’au moment des élections.

R. Ndong Sima

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